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HISTORIA MEMORIAE

HISTORIA MEMORIAE

La Reconstitution historique, l'Histoire Vivante et l'évocation historique dans une approche sérieuse de la restitution visuelle et de l'animation. L'archéologie expérimentale, l'expérimentation, le patrimoine, le jeu de société, le cinéma, le théâtre, le documentaire et le roman historique, la BD... historiques sont aussi abordés.


INTERVIEW... David SOUNY (vice-président d’Historia Aquitanorum)

Publié par Le cédéiste sur 4 Juin 2020, 07:54am

Catégories : #Interviews, Portraits

Aujourd'hui... je vous présente David SOUNY qui est vice-président de l'association Historia Aquitanorum. Vous découvrirez les riches propos d'un véritable enthousiaste qui a réussi, en se donnant évidemment les moyens, à conjuguer vie professionnelle et passion. L'heureux homme ! 

1) Tout d'abord, peux-tu te présenter ? Ton parcours... Bref, qui es-tu ?

Je m’appelle David SOUNY, j’ai 37 ans et je suis originaire de la Vendée, non loin du Puy du Fou qui a bercé mon enfance ! Mais c’est au château de Gilles de Rais à Tiffauges que j’ai attrapé le virus du Moyen Âge lors d’une visite scolaire. J’avais 6 ou 7 ans et depuis ce jour, je ne me suis jamais posé la question de ce que je voulais faire comme métier… je voulais travailler dans l’histoire, le Moyen Âge, les châteaux ! Je suis arrivé à Bordeaux pour mes études universitaires et aujourd’hui, je travaille à mon compte comme historien, archéologue du bâti et guide-conférencier. J’ai créé mon entreprise (Bureau d’études Histoires de pierres) il y a 12  ans et maintenant, je vis de ma passion ; c’est une grande fierté pour moi !

Mon domaine de spécialité, c’est… le Moyen-âge (pas étonnant !) ; et plus particulièrement les châteaux et villes médiévales. Mais les recherches que je réalise pour mes clients m’amènent à toucher à toutes les périodes historiques. J’habite dans l’Entre-deux-Mers, à deux pas de Bordeaux, magnifique territoire viticole vallonné et riche en patrimoine que j’ai découvert à l’occasion de mes études universitaires et où je me suis installé avec ma petite famille depuis pas mal d’années maintenant !


2) Pourquoi cette prédilection pour le XIIème siècle ? Qu'est-ce qui t'attire dans cette période mal connue ?

C’est justement ce côté méconnu qui m’a attiré. Le personnage de Richard Cœur de Lion m’intéressait beaucoup et, venant en Aquitaine faire des études d’Histoire médiévale, sa mère la duchesse Aliénor m’a fasciné !

Mais honnêtement, c’est surtout le hasard qui m’a fait croiser la route d’une association de reconstitution spécialisée sur le XIIe siècle, l’Ost de Montjoie (ancien nom d’Historia Aquitanorum), que j’ai intégrée en 2004.

A VOIR

http://chatelenabondance.over-blog.com/2020/05/association.historia-aquitanorum-st-germain-les-vergnes-19.html


3) Et cette idée précise de représenter une seigneurie au cœur du duché d’Aquitaine durant la seconde moitié du XIIème siècle....

Là, je rends à César ce qui appartient à César ; le concept est né de l’idée originale du fondateur de l’Ost de Montjoie, Philippe Delgal, qui a été mon mentor dans la reconstitution.

Nous (les autres membres de l’asso et moi-même) avons repris le flambeau ! Philippe a créé la trame historique des premiers personnages (fictifs) en les faisant évoluer dans un contexte bien réel. L’objectif était de ne pas s’enfermer dans le rôle d’une personne ayant réellement existé et pour laquelle il nous aurait nécessairement manqué beaucoup d’informations. Là, en créant nos personnages cela permettait de laisser plus de liberté et de diversité. Ainsi, pour créer mon personnage (Enguerrand de Collonge), je me suis inspiré de plusieurs petits seigneurs locaux de l’Entre-deux-Mers que j’avais « croisés » (dans les textes !) lors de mes études universitaires. Pour résumer, Enguerrand est une synthèse de ce que pouvait être un petit seigneur Bordelais de la seconde moitié du XIIe siècle.

4) Comment es-tu venu à la Reconstitution ? Qu'est-ce qu'elle t'apporte ?

Quand j’ai rencontré l’Ost de Montjoie en 2004, à l’occasion d’une fête médiévale, je ne m’intéressais pas particulièrement à la reconstitution. J’étais alors étudiant en histoire médiévale et ce que je voyais sur les fêtes médiévales me semblait très éloigné de la réalité historique ; le côté déguisement méd-fantastique ne m’a jamais attiré. Et puis résumer 1000 ans d’Histoire en deux mots, « Moyen Âge », ne pouvait qu’aboutir à un fourre-tout, arrosé bien souvent de clichés peu glorieux, voire grotesques…

La rencontre avec l’Ost de Montjoie a été pour moi une révélation.

Bien que l’asso n’était pas encore « 100 % histo », elle n’avait rien à voir avec ce que j’avais vu jusque-là et j’ai pris conscience que l’on pouvait essayer de faire revivre une période historique précise, le XIIe siècle en l’occurrence (et même les années 1170 pour le contexte historique).

Grâce à des recherches, on pouvait approcher au plus près de la réalité à un moment donné et la transmettre au public. Un mois après cette rencontre, j’ai intégré l’association et ne l’ai plus quittée depuis 16 ans !

Au-delà de la passion, en tant qu’historien et archéologue, la reconstitution m’a beaucoup apporté et a changé ma façon de regarder les vestiges sur lesquels je travaille. Quand on a porté une armure, « combattu » et monté à cheval avec (bien que je ne prétende pas être un vrai guerrier !), on est bien au-delà des simples livres d’Histoire, de la théorie et plus encore des grands clichés ; on ne regarde plus les ruines d’un château pareil !

J’aime beaucoup les termes « d’Histoire vivante » et « d’archéologie expérimentale » ; la reconstitution, c’est donner vie aux recherches des historiens et des archéologues. Ca tombe bien, c’est également mon métier ! Je trouve que la reconstitution est un formidable outil de médiation auprès du public pour lui transmettre de façon ludique et pédagogique des informations qui sont parfois complexes et difficiles à appréhender dans les livres et les musées ; là on donne du sens !

21) De beaux souvenirs ? Lequel restera ? Le plus impérissable ?

Il y en a plusieurs.

La 2e édition de la Bataille de Malemort que nous avions organisée et qui avait réuni plus de 100 participants de différentes nationalités. Un grand moment ! De belles amitiés sont nées à cette occasion ainsi que des partenariats avec des troupes qui sont devenues amies.

Ensuite il y a eu le rassemblement de l’Epée et du Bourdon que nous organisions à Aubazine. Superbes campements dans une forêt chargée d’histoire, moments d’échanges entre civils et militaires, marches expérimentales et des soirées mémorables à la belle étoile !

Mon adoubement dans la cour du château comtal de Carcassonne,…

En fait j’ai surtout de très bons souvenirs !

22) Le plus mauvais, Une grosse colère ?

Je n’ai pas vraiment de mauvais souvenir. Il y a bien eu quelques campements un peu trop arrosés (par la pluie !), ou encore une petite « fête médiévale », il y a longtemps, où nous avions du monter le campement sur le bitume de la place du village qui n’avait rien de médiéval… pas top comme immersion !

26) Une devise ?

Plutôt un cri de guerre : Aguiannna

C’était le cri de guerre des troupes du duc d’Aquitaine au XIIe siècle (avant l’arrivée des Plantagenêt). Il vient du nom latin de l’Aquitaine (Aquitania) qui, par déformation linguistique gasconne, était devenue Aguiana et allait donner naissance à la charnière du XIIIe siècle au terme Guyenne qui désignera jusqu’à la Révolution le duché d’Aquitaine.

 

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